Sue Hellen face à son destin

30/05/2004

30/05/04 - 20:29

Le bonheur est dans le pré, cours y vite, cours y vite. Le bonheur est dans le pré, cours y vite il va filer...

Le proverbe dit qu'on porte son âme sur sa figure...
Qu'en est il de nos petits secrets, des ces erreurs qu'on a commises et qui nous couvrent de honte par le simple fait d'y penser?
Hier encore, je n'avais que deux choses à me repprocher, dont celle-ci...

Toute la journée du 2 mars 2002 je n'ai cessé de me demander si les autres, eux aussi, parvenaient à sentir l'odeur qu'il avait laissée sur moi.
Cette odeur moite et glauque que jamais je n'aurais du connaître, et dont je me retrouvais éclaboussé par ma faute.
A chaque déplacement d'air elle m'écoeurait de moi-même tout en me rapellant que désormais je me trouvais face à une tâche bien difficile: Gérer l'irréparable. J'avais une dette envers mon âme; le prix de ma respectabilité.
Car le mal était fait et il m'était impossible de revenir en arrière, impossible de ne pas m'arrêter devant le "Gigi" deux mois auparavant, impossible de ne pas échafauder cette relation pseudo amicale et impossible aussi d'effacer cette nuit.
Pour un tas de raisons j'avais joué de tout mon art pour faire sa connaisance et pour me rapprocher au maximum de la limite qu'il ne fallait surtout pas franchir.
Je pouvais me féliciter car j'avais réussi là où d'autres avaient maintes fois échoué.
Pourtant j'avais négligé un point essentiel: Aveuglé par mon orgueuil je n'avais à aucun momment envisagé l'hypothèse de lui succomber.
J'avais toujours cru pouvoir canaliser mon attirance pour lui.
J'avais oublié que bien avant toute autre chose, on est toujours d'abord la victime de sois-même.

Je plaide donc coupable pour deux raisons, d'une part dès le premier jour une partie de moi savait que je finirais par coucher avec et de toute manière il y a eu récidive.

Notre secret fut bien gardé mais je suis persuadé que cet épisode à contribué à ma perte.
Si le batement d'aile d'un papillon au Japon peut apporter la pluie à NewYork, alors imaginez l'impact sur mon couple d'un coup de bite à Fabrizzio!
On récolte toujours ce que l'on sème et c'est très bien comme ça...

20/05/2004

20/05/04 - 00:17

Lolo Beebob

Un soir de ma vie d'avant, j'ai appellé Lorie pour lui demander de m'accompagner promener le chien.
On s'était "croisés" pour avoir fréquenté la même école mais pas les mêmes amis, mais on se connaissait mieux depuis qu'on prenait le train chaque matins pour aller à la fac. En plus on est presque voisins.

J'avais prétexté vouloir sortir le chien, mais en réalité j'avais envie de lui parler.
Depuis deux jours j'avais envie d'essayer avec un mec et Lorie était la seule personne "gay" que je connaisse.

Ce jour là, elle portait un petit haut noir (dans lequel elle ne rentre plus depuis... des années) et aussi des lunettes mauves. (que j'ai perdues) lol
Avec sa coupe de cheveux, on aurait dit une fan de Texas. Et comme de juste!
En fait comme on partageait le même quotidien, Lorie était un peu devenue une confidente. Je savais qu'elle était homo et surtout qu'elle le vivait très bien, alors c'est à elle que j'avais décidé de me confier et de poser toutes les questions.
Le matin, elle n'était qu'une "collègue" et lorsque je me suis couché elle était devenue ma meilleure amie.

Lorie m'a accompagné lorsque j'ai rencontré les premiers mecs, en fait je m'étais donné 3 mois pour trouver quelqu'un de bien et entammer une relation stable et durable sur le modèle hétéro.
Trois mois à chercher la perle rare et à se retrouver un peu n'importe où avec toujours le bon barattin de circonstance; de l'école St Luc à Tournai pour assister au défilé de fin d'année au Grand Vert à Mons pour rencontrer un top modèle avec un berf passage à L'hopital civil de Chatelet en passant par le PC et ma période Mike pour finir devant la gare de Charleroi le 26 mai 2000 (4 jours avant l'échéace) à attendre l'Elu.

A cette époque on vivait pleinement le présent, tout ce décidait à la minute même, a l'instinct: Partir dans une boîte puante à 100km, croiser la voiture de Nath et décider de la suivre dans Gosselies.
Lorie voyait et envisageait les choses exactement comme moi, seul le résultat comptait même si les moyens étaient parfois un peu délirants.
Passer une nuit a éplucher le bottin afin de trouver les derniers chiffres d'un numéro de téléphone avec juste le nom de la rue, mettre en scènes les circonstances pour rencontrer les gens qu'on veut...

On voulait les mêmes choses, on partageait le maximum, on avait le même humour décalé, le même regard sur les choses, sur la vie, et aussi les mêmes faiblesses.
Lorie était là quand j'ai rencontré Julien, elle a vécu "avec nous" pendant toute la durée de notre relation. On allait la voir, elle dormait chez moi, on dormait chez elle ou chez ses copines ce selon.
On a partagé des momments innoubliables. On était exactement dans le même trip.

Mais un jour, la vie a décidé que pour moi le trip avait assez duré, alors elle m'a séparé de Julien.
De son côté Lorie aussi a du abandonner l'insouciance de notre délire, elle s'est retrouvée empétrée dans une realtion amoureuse de dépendance affective à sens unique. (pour faire simple sans dévoiler sa vie privée)
Après le bonheur, l'insouciance, la désinvolture il a fallut payer les impôts, et comme on avait beaucoup reçu, on a du payer très cher...
Lorie vivait avec l'espoir que sa relation prenne un nouveau départ et elle s'est longtemps repliée sur elle même (elle peut dire que c pas vrai mais en tout cas c mon avis).
Quant à moi, au même momment, il fallait que je reconstruise ma vie, que je change de décor et que je fasse entrer de nouveaux personnages.
Là où j'ai vu "des circonstances" Lorie a vu un abandon.
Trop aveuglé par la réussite de mon nouveau départ, je n'ai peut-être pas fais assez d'efforts pour lui garder la palce qu'elle réclamait. Et homnublilée par le déclin de sa relation, elle n'a pas fait l'effort de venir vers moi malgrés mes tentatives.
Je suis persuadé qu'aujourd'hui encore elle considère que j'ai tout les tords et que j'ai été injuste envers elle.
Moi je crois qu'on est seulement arrivés à la fin d'un trip, que chacun de notre côté il était temps pour nous de voir plus loin mais que de toute manière c'est pas très grave car ça change rien à l'estime et aux sentiments qu'on éprouve pour quelqu'un.

13/05/2004

13/05/04 - 23:05

On les a bien enculé

Ma carrière professionnelle occupe une place prépondérante dans l'ordre de mes priorités.
Je travaille actuellement dans une société de distribution appellée Go Sport.
J'ai un travail agréable et j'ai la chance d'avoir pu sélectionner moi-même mes collaborateurs. Johan travaille donc avec moi, quant à Chris, je l'ai fait rentrer sur le magasin de Charleroi.
Chris s'est avéré très utile et il a contribué très largement au licenciement de ma rivale, ou plutôt de mon ex rivale.
Pour la remplacer, mes supérieurs on fait appel à quelqu'un que j'ai moi-même formé et mon image s'en est considérablement ressentie.
Je n'avais donc plus qu'à attendre patiemment l'ouverture d'un plus gros magasin pour qu'on me confie encore plus de responsabilités.

Mais non!
Il a fallut que Michel G implore Charles S de lui confier le total contrôle de la Belgique pour que tout mes efforts soient anéantis par l'arrivée de ce minable homophobe de Olivier J...

Entre lui et Vaness le courant n'est manifestement pas très bien passé et la pauvre s'est fait licensier abusivement. Son avocate lui garanti gain de cause.

Mais il y a 1 mois, Olivier m'a gentiment confié le soin de licencier Johan. J'étais censé l'en avertir le 27.
"Martine est dans les startings blok pour lui envoyer son C4" m'a t-il confié.
Face à tant d'innocense je n'ai pu m'empécher de verser une petite larme.
Il existe encore des gens tellements naïfs sur la Terre.
Alors comme ça personne ne lui a dit que Johan est mon meilleur ami?!
Un poste de directeur commercial, de nos jour c'est vraiment accessible à n'importe qui.

Alors avec Johan on a décidé de chercher ailleurs, mais ça c'est un secret.
En attendant, j'ai profité des élections sociales pour nous mettre sur les listes de délégués syndicaux et par cette occasion nous protéger contre toute tentative de licenciment.
Ca a fait l'effet d'une bombe au siège et j'ai l'impression que dans les starting blok l'ambiance est nettement retombée.
Le lendemain Olivier m'a fait l'honneur de sa visite et le surlendemain Michel est venu en personne me supplier de nous retirer des listes électorales.
J'ai trouvé très vexant que ces deux débiles s'imaginent pouvoir m'entuber!

Pour se débarasser de moi et dans le cadre de mon nouveau statut de délégué syndical, ils vont devoir s'aquitter d'une indemnité compensatoire de préavis égale à 4 ans de salaire, ce qui dans mon cas représente une somme approximative de 90.000 euros.
Je pourrais négocier une éventuelle démission pour la somme de 50.000 euros mais à mon avis ils refuseraient d'envisager une telle dépense.
Sauf évidemment si je tombe assez régulièrement malade pour les dégouter de moi. Dans de telles conditions je le demande combien de temps ils mettraient à se décider?

Je parie sur 6 mois.

09/05/2004

09/05/04 - 15:23

Alea jacta est

Lorie, (dont je ne parle pas souvent mais qui est très importante) (j'en parle pas tellement elle est compliquée) est allée rendre visite à Julien la semaine passée.
Et dès son retour, en véritable amie qu'elle est, elle s'est bien sur empressée de me faire part de ses obsevations et de ses commentaires toujours si judicieux.

Que la vie est ironique!
D'une part, il semblerait que ce cher Michael ait démissionné et soit définitivement rentré en belgique.
Voilà un garçon qui, il y a à peine deux ans, avait tout pour réussir.
Il venait de s'avouer homo et ma foi, il n'était pas mal du tout.
Michael aurait pu se faire des amis, sortir au Cabaret (de toute manière il n'y aura bientôt plus que des gamins de 19 ans las-bas. Hou là là, moi j'ose même plus y aller la veille d'un jour férié, ça pue les hormones et le parfum bon marché)
Il aurait pu aménager sa vie, rencontrer des mecs, se faire pleins d'amis, travailler son image, et un jour, s'arrêter sur quelqu'un de bien.

Mais non, il a fallu que Julien rate son bus un jour de mai 2002 pour que leurs destins se croisent.
Et dès ce jour là, le monde n'a jamais plus été pareil.
Une blouse Gaultier et une pub l'Oréal lui ont suffit pour capter l'intérêt de Julien, l'entraîner à Oostende puis à Disneyland.
Je dois dire qu'il s'est montré très habile. Il a localisé une faille dans notre relation (ca doit être chiant d'avoir un mec aussi jaloux), il a su déterminer les intérêts de Julien (mon oncle bosse ds un hôtel à la mer, ça te dis un job étudiant?), ses faiblesses (je te trouve vraiment mignon et en plus tu t'habilles bien), il a très vite compris comment l'impressionner (au fait je fais des photos pour du gel l'Oréal je t'avais pas dis?) et finalement il a mis tout en oeuvre pour m'écarter de sa route.
Franchement, je n'aurais pas fais mieux moi-même et je dois dire que quelque part j'aurai toujours un certain respect pour ce ringuard.

Mais comme on fait son lit on se couche.
Ainsi, après 17 mois passés las-bas à combler son vide existentiel, Michael nous revient, vaincu par sa faute, discrédité et accablé d'une réputation de trainée pathétique que je ne manquerai pas de répandre dans toutes les boîtes gays de Belgique.

Et mon petit Juju dans tout ça?
Il semblerait que son super Alessandro décide finalement de regagner définitivement Milan cet été.
Il n'a manifestement pas trouvé à Disneyland de quoi le retenir.
Et à l'heure qu'il est Julien doit certainement se questionner sur son devenir, envisager de le suivre? faire sa vie las-bas? avec un mec qui ne s'assume même pas?
Quelle angoissante situation que de devoir se résigner, constater qu'on aime à sens unique, constater qu'on ne suffit plus.... Se voir abandonné d'une personne qu'on aime et subir son choix de nous quitter.

Je donnerais tellement pour assister à la scène où le TGV va quitter la gare de Marne-la-Vallée laissant Julien seul sur la quai, abandonné et effondré à l'idée de se retrouver seul dans ce monde tellement artificiel pour lequel il avais jadis tout laissé derrière lui.
On récolte toujours ce qu'on a semé.

Comme je le dis souvent, en fin de compte la vie est juste, elle nous montre le poids de nos erreurs afin que ce que nous vivions soit toujours le brouillon de notre avenir.
Je ne souhaîte que du bien à Julien, à aucun momment je n'ai voulu qu'il soit malheureux, je me réjouis seulement de voir la vie lui démontrer toute l'ampleur du mal qu'il m'a fait.

 

Pendant tout le temps que nous nous sommes aimés, il me répétait souvant que si un jour je le quittais, quoi que je fasse et où que je j'aille, à chaque fois que je regarderais derrière moi il serait là.
Ce qui me touchait le plus dans ces momments là, c'est le ton grave qu'il mettait dans sa voix. Mais je riais aussi un peu tout bas car je savais bien, moi, que pour rien au monde je ne l'aurais quitté...

AVEC: Julien (1-2) ; Lorie (3) ; Johan (4) ; Chris que j'apelle aussi Christina (5) ; Sulleyman (6-7-8) ; Fabrizzio (9) ; Arnaud (10)