Sue Hellen face à son destin

27/06/2005

27/06/05 - 01:40

Règlement de compte à Oostende Corral

L'air est lourd, on étouffe.
Voilà plus de deux heures que j'essaye de l'appercevoir à l'intérieur. Les gin-gini se succèdent. Je me suis installé à la terrasse du Pik's Hôtel car je n'ai pas le droit d'y rentrer. Dailleurs, la patrone me surveille d'un regard dédaigneux au fil de ses allées et venues. Je ne suis plus qu'une ombre, un minable au seuil du suicide. On doit certainement pouvoir le lire sur mon visage.
Puis, à l'autre bout de la place, enfin je l'apperçoit. Il est avec l'autre et ils marchent vers l'hôtel. Je les trouve bien assortis; le parfait petit couple! D'ailleurs je suis sûr qu'ils couchent ensembes et je sais aussi qu'il m'a menti: On aurait pu se voir aujourd'hui puisqu'il n'a pas travaillé de la journée. Il ne sera donc certainement pas content de me trouver ici.
Et comme de juste: "Qu'est ce que tu fous là?" me repproche t-il. "Je t'avais dis de ne pas venir!"
Je ne réponds pas. Mes yeux restent fixés sur le tee-shirt que je lui avait offert et qu'il a passé a Michael. Pourquoi a il fait ca? C'est vraiment immonde. Je me sens renié et perdu comme si le monde avait tourné sans moi...
(...)

Je ne me souviens même plus de la dernière fois où j'ai fait ce cauchemard, mais ce matin je me suis réveillé en sueur...
C'est la dernière fois que je laisse cet épisode hanter mes nuits! Alors aujourd'hui j'ai apellé Johan et on est allé boire un verre à Oostende à la terrasse du Pik's Hôtel avec sa mère et Baïda.
Plusieurs fois j'avais voulu y retourner mais je n'avais jamais osé. Oostende, c'est le symbole et le décor des moments les plus durs, et surtout les plus injustes que j'ai pu vivre.
Il m'aura fallut 3 ans pour me sentir le courrage d'y retourner. Mais aujourd'hui j'ai senti comme une évidence qu'il fallait me rendre las-bas, montrer à cet endroit que je lui avais survécu, la tête haute!

J'ai passé un momment agréable à boire de la bière avec Johan et sa mère à la terrasse du Pik's Hôtel. La patronne ne m'a pas reconnu, pourtant j'ai pris la peine de retirer mes lunettes et de bien la toiser. Baïda a reçu plein de morceaux de gauffre de la part de l'un des serveur. (homo)
Johan lui a demandé si lui aussi il pourait en avoir s'il se mettait à 4 pattes. Le mec a eu l'air gèné et on a bien rigolé!
La patronne fait toujours autant la maligne! Elle ferait pourtant bien mieux de laver les rideaux! Je connais des hôtels de passe plus propres! C'est une vraie paysanne! Comment se fait il que personne n'aie encore pensé a lui acheter de quoi remplacer l'élastique de puante qu'elle met dans ses cheveux???
Si elle m'avait reconnu elle m'aurait peut être demandé des nouvelles de Michael! J'aurais eu le plaisir de lui apprendre qu'il bosse au smig dans un magasin discount et qu'il vend des casseroles.
Quoi qu'il en soit j'espère qu'elle trouvera le pacs vide de la coke qu'on a raillé dans ses toilettes, à l'intérieur de son hôtel minable ou je n'avais pas le droit de mettre les pieds!

J'ai passé une journée très agréable et je crois qu'en fait j'exagérais l'impact négatif de cet endroit sur ma senté mentale.
J'ai survécu à tout ça!! Je vaut bien mieux que Michael! Dailleurs je le sais depuis bien longtemps. Moi au moins je ne me tape pas tous les thons de Disney qui finissent par le refouler, je ne suis pas locataire d'un 20 m2, mes érections dépassent (très largement d'ailleurs et heureusement lol) ses 7 cm de queue, j'ai un travail valorisant dans une grosse société avec des responsabilités qui justifient le double de son salaire.
Alors franchement qu'est ce que je vais me prendre la tête avec ces vieux souvenirs. C'est complètement has been.
L'eau a coulé sous les ponts, et quelque part il est resorti de tout ca beaucoup de positif...


13/06/2005

13/06/05 - 00:53

Jacques Salomé, "N'oublie pas l'éternité"

Il est des premières rencontres qui durent toute une vie, qui résistent aux séparations, s'incarnent dans chaque rencontre, traversant les labyrinthes sans fin de toutes les errances.
Clémence a dix-sept ans lorsqu'elle se donne à Pierre. Ce sera son unique amour, celui qui dictera tous les actes de sa vie et s'emplifiera jusqu'au seuil d'une vieillesse joyeuse, profondément ancreé dans l'instant présent. Autour de cet amour soleil, gravitent d'autres aventures qui poursuivent leurs courses ou leurs dérives, se réconcilient ou se perdent avec leurs propres mystères... Mais malgré les difficultés de l'existence, Clémence conservera toujours la conscience et le désir du bonheur, comme un instinct de vie plus fort que tout.


Mes passages préférés:

1/

Cette feuile de figuier, elle l'avait gardée quelques dix ans encore après la naissance de son fils, s'étonnant chaque fois de sa douceur râpeuse, lissant du bout des doigts sa texture serrée.

"Un dimanche de solitude blessée, je sui allé l'enterrer. J'avais beson de faire le deuil, non de mon amour, mais de ma relation si courte, si dence avec lui. J'avais besoin d'arrêter d'espérer, de cesser d'attendre, besoin de sortir de l'inespéré, de retrouver mon intégrité en me réunifiant avec une part de moi que j'avais laissée chez lui. (...)
Ce jour là j'ai senti que jamais plus je ne le reverrais"
Clémence se souvenait bien de la tempête intérieure qui avait précédé sa décison et de l'apaisement qui l'avait habitée, après l'avoir prise.
Après le départ brutal de Pierre, elle avait pris sur elle toute la responsabilité de maintenir vivante, dans ses rêves éveillés, sa relation avec lui. Elle avait entretenu la croyance qu'il reviendrait. (...)

Pendant des années et même pendant son passage à l'école normale, elle avait vécu son absence comme un intermède, une parenthèse. Puis un jour, telle une évidence, cette pensée l'avait traversée: "C'est à moi maintenant de le quitter"
Elle avait senti confusément que cette décision devait se marquer symboliquement, s'inscrire métaphoriquement avec un acte, pour en terminer avec une situation inachevée:
"J'ai fait le voyage jusqu'à la ferme. J'enseignais à Bordeaux à l'époque, dans une école de la périphérie. J'avais mis la feuille de figuier dans une boîte à biscuits avec un petit mot qui disait à peu près ceci:

- Mon amour, mon Pierre, aujourd'hui c'est moi qui m'éloigne de toi. Où que tu sois de par le monde, je te quitte, je te laisse à ta propre histoire. J'éprouve le besoin de m'engager vers un nouvel amour. Je ne sais si je le rencontrerai, mais je veux être ouverte.

2/

Tout récemment, un jour de neige ardente, son fils avait posé deux questions sur son père:
"Aujourd'hui, aurais-tu envie de lui parler, de lui dire ce que tu es devenue?"
Elle lui répondit par cette courte phrase qui le troubla:
"Non, pas encore, je ne suis pas prête, il est encore trop tôt...
-Aurais-tu des regrets, des reproches à lui faire?
-Des regrets, si j'en ai eus, je ne les sens plus en moi. Tu le sais, j'ai refait ma vie. Des reproches? Non, aucune. Je me sens claire, déliée, même si parfois je sais que je suis pleine de lui. Pleine de tout ce que nous avons vécu, mais je ne suis pas dans le manque de lui."

07/06/2005

01/06/2005

01/06/05 - 00:16

Paulo Coelho, "Le Zahir"

Un écrivain célèbre remet en cause tous les principes qui ont gouverné sa vie lorsque sa femme disparait sans laisser de trace. A partir du momment où il va capter qu'elle s'est tirée avec un certain Michael (beaucoup plus jeune que lui) va comencer pour lui une longue quête qui l'amènera a se trouver lui-même...


"
- Sais-tu ce que j'aimerais te demader? J'aimerais savoiir si tu m'aimes comme je t'aime. Mais je n'en ai pas le courrage. Pourquoi est-ce que je m'engage si souvant dans des relations frustrantes avec les hommes?
- Veux-tu savoir si sachant qu'une femme m'a quitté sans la moindre explication, je suis encore capable de l'aimer?
- J'ai lu ton livre. Je sais que tu en est capable.
- Veux-tu me demanbder si malgré mon amour pour Esther, je suis également capable de t'aimer?
- Je n'oserais pas poser cette question, parce que la réponse risque de me gâcher la vie.
- Veux-tu savoir si le coeur d'un homme ou d'une femme peut contenir de l'amour pour plus d'une personne?
- Puisque cette question n'est pas aussi directe que la précédente, j'aimerais que tu me répondes.
- Je crois que oui. Sauf quand l'une d'elles devient...
- ... un Zahir "

"Selon l'écrivain Jorge Luis Borges, l'idée du Zahir vient de la traduction islamique, et l'on estime qu'il est apparu vers les XVIIIè siècle. Zahir, en arabe, veut dire visible, présent, qui ne peut pas passer inaperçu. Un objet ou un être qui, une fois que nous l'avons renconté, finit par occuper peu à peu toutes nos pensées, au point que nous ne parvenons plus à nous concentrer sur rien"

Heureusement qu'il y a des psy et de la drogue sur terre, moi je vous le dis !!!






 

Pendant tout le temps que nous nous sommes aimés, il me répétait souvant que si un jour je le quittais, quoi que je fasse et où que je j'aille, à chaque fois que je regarderais derrière moi il serait là.
Ce qui me touchait le plus dans ces momments là, c'est le ton grave qu'il mettait dans sa voix. Mais je riais aussi un peu tout bas car je savais bien, moi, que pour rien au monde je ne l'aurais quitté...

AVEC: Julien (1-2) ; Lorie (3) ; Johan (4) ; Chris que j'apelle aussi Christina (5) ; Sulleyman (6-7-8) ; Fabrizzio (9) ; Arnaud (10)